7. La Révolte des Croquants

Si les Croquants ne s’étaient pas réfugiés à La Sauvetat …

… notre village serait, aujourd’hui encore, une grosse bourgade!

Cette révolte commence au début de l’an 1594 sous le règne du bon roi Henry IV et se termine en 1642 sous le règne de Louis XIII et de son ministre Richelieu. La Révolte des Croquants du 1er juin 1637, tristement mémorable, est relaté dans un grand nombre de livres historiques. En voici un résumé.

Les dernières années du règne de Louis XIII sont marquées par des révoltes anti-fiscales, dont la plus célèbre est celle des Croquants (surnom méprisant donné aux paysans).

Exaspérée par la création de nouvelles taxes et la présence de troupes dans les campagnes, auxquelles une ordonnance contraint de fournir des rations de blé, une partie de la population du Périgord se soulève le 22 avril 1637.

Dirigés par un gentilhomme, La Mothe-La-Forest, les insurgés s’attaquent aux collecteurs d’impôts et forment une armée de quelque 8000 hommes qui se rendent à Bergerac. La rébellion s’étend. Plus de 2000 Croquants s’enfuient et se réfugient à l’abri des murailles de notre ville alors sous la responsabilité du Seigneur de Madaillan. En 1637, La Sauvetat est une bourgade d’une centaine de feux parmi lesquels quelques belles demeures de notables.

Fin mai, Le Seigneur de Madaillan reçoit une nouvelle alarmante, l’armée du Duc de La Valette est proche et commandée par des chefs aguerris qui ont abandonné la surveillance de la frontière espagnole pour venir mater le soulèvement à La Sauvetat. Il met la commune en défense, fait colmater les brèches et fait dresser des barricades.

Le combat du 1er juin 1637

Arrivés devant les murailles de la ville, les 3.000 hommes de l’armée royale de La Valette somment par trois fois les insurgés de se rendre. Faisant fi de cette sommation, le combat s’engage le 1er juin 1637. L’attaque est vigoureusement menée bien que la défense soit opiniâtre. Les premiers tirs de part et d’autre sont nourris laissant beaucoup de morts, de blessés et de chevaux sur le carreau. Finalement, La Valette et ses soldats se mettent en devoir d’incendier la ville. Une barricade finit par céder puis une autre, les dragons du roi s’engouffrent dans les rues jetant la panique et semant la mort.

Transformés en torches vivantes, les occupants des maisons bordant la grand’rue sautent des fenêtres. Le crépitement des flammes, le grondement des mousquetades alternent avec les hurlements des pauvres gens et le meuglement du bétail encore enfermé dans les étables. Le Dropt charrie des cadavres, des loques humaines pendent des arbres.

Ce massacre dure deux heures. Il est l’un des plus sanglants que connut la Grande Révolte. Madaillan dut sa sauvegarde à la fuite qu’il prit avec une poignée d’hommes. Notre ville médiévale, entièrement brûlée à l’exception de l’église, venait de disparaître à tout jamais. C’est de cette époque que date sa décroissance.

Sources: De nombreux livres d’histoire et de nombreux romans relatent cet épisode sanglant de la Révolte des Croquants de juin 1637. Le texte choisi ici est tiré du livre de Michel Peyramaure « Les chiens sauvages » paru aux éditions Robert Laffont en septembre 2000.
Les photos 3 et 4 sont tirées d’une bande dessinée de Stéphane Laumonier intitulée « La Révolte des Croquants », parue aux éditions Dolmen en 2005.

→ Point 8 → En sortant de la Prairie des Croquants, vous parvenez devant un beau pigeonnier sis sur la Place du Prieuré, origine du village

RAPPEL DES DIFFÉRENTS POINTS DE VISITE

1. Le village aujourd’hui
2. Le village au fil des siècles
3. Hospice et maisons à pans de bois
4. Le Temple et ancienne Rue des Faures
5. Maison de la Tour et Monviel
6. Vestiges du mur d’enceinte, ancienne Porte de Duras
7. Révolte des Croquants
8. Place du Prieuré, origine du village
9. Église St Germain
10. Maison renaissance et écusson
11. Moulin et crues mémorables
12. Pont Roman et Navigation sur le Dropt 

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