Le village

Histoire du village – Sommaire

Présentation
Premières constructions
Du XII° siècle à la fin du XVII° siècle
De la Révolution française à nos jours
Références

EN COURS DE MODIFICATION…

Présentation

Le village de La Sauvetat, situé sur la rive droite de la rivière du Dropt qui lui donne son nom, au milieu d’une plaine verdoyante, est un village fort ancien qui a joué autrefois un rôle important.

Ce village accueillant et paisible du Lot-et-Garonne situé au nord-ouest du département se trouve aux confins de la Dordogne et de la Gironde, au centre du triangle Marmande (47), Ste Foy-la-Grande (33) et Bergerac (24), distants de 25 km.

Le Dropt est un affluent de la rive droite de la Garonne qui prend sa source en
Dordogne à Capdrot et se jette dans la Garonne à Caudrot après un cours sinueux de 125 km. Cette rivière est très poissonneuse. Il n’y a pas si longtemps que les saumons remontaient son cours pour la plus grande satisfaction des gastronomes. Sous le règne de Louis-Philippe (1830 à 1848) au XIX° siècle, le Dropt était navigable sur la moitié de son cours et de nombreuses écluses furent construites à cette époque là. C’est ainsi que les gabares purent acheminer les produits du pays : vins, volailles ou céréales vers Bordeaux.

Il y eut aussi une gare à La Sauvetat, située en fait sur la commune d’Agnac, rive gauche du Dropt. Elle fût désaffectée en 1955.

La commune s’étend sur 1037 ha avec une altitude minimale de 36m et maximale de 123 m. Au dernier recensement de 2010, elle compte 564 habitants.


Premières constructions

La Sauvetat malheureusement a connu de graves évènements ayant eu pour conséquences la quasi destruction du village ce qui explique que nous n’ayons que très peu de vestiges anciens. Néanmoins, des fouilles archéologiques attestent la présence d’installations Gallo-Romaines.

Ce qui reste du prieuré proche de l’église

C’est vers la fin du VI° siècle qu’un prieuré vit le jour là où existe le village. Peu à peu se construisirent, à ses abords, un hameau avec une église, puis un village plus important.

Une Sauveté est une ville refuge où les habitants sans résidence, ou victime de guerres ou de calamités peuvent trouver un abri. De même que les étrangers, ils sont à l’abri des poursuites de justice et bénéficient des franchises et privilèges locaux. Ce n’est pas le cas hors des Sauvetés où seules les églises sont des lieux inviolables. Les abbés prieurs vont devenir les Seigneurs de la nouvelle localité. Dans un but de protection, ils l’entourent de murailles puis construiront même un château fort situé à l’emplacement de la mairie actuelle. Au XI° siècle, le village fera partie du domaine des Seigneurs de Caumont d’où son ancien nom de La Sauvetat de Caumont. Au centre de la ville se trouvait une autre tour de défense dite « La Maison de la Tour et Monviel » antérieure à 1250. Ce fut une ancienne commanderie des Templiers. Derrière elle, se trouve une tour carrée avec d’épaisses murailles d’architecture militaire. Elle devait servir de tour de guet pour la surveillance de toute approche ennemie.


Du XII° siècle à la fin du XVII° siècle

Rue des Faures vue du clocher de l’église

La rue qui longe la tour du côté Nord, parallèle à la Grand Rue, s’appelait autrefois « Rue des Faures », qui veut dire rue des forgerons. La rue plus au Nord et parallèle à la première, était nommée Rue des Pots, certainement par la présence de potiers. La Sauvetat possédait aussi un hôpital, en fait une maladrerie, réservée aux lépreux et gens atteints de maladie contagieuse et situé en dehors des murs, à l’emplacement du monument aux morts actuel.

Photo de gauche : Pont de style gothique à 12 arches proche du moulin. Photo de droite : Pont de style roman à 11 arches.

Au XII° siècle, pour une meilleure défense, à partir du Dropt, un large et profond fossé est creusé, entourant ainsi le village. Un pont avec 11 arches de style roman dit « Pont Romain » est construit. Les crues de la rivière transformant peu à peu son lit, nécessitèrent au XIII° siècle l’ajout d’un second pont de 12 arches mais de style gothique. Le Pont Romain est classé Monument Historique depuis 1992.

En 1270, La Sauvetat est transformée en bastide par Alphonse de Poitiers, duc de Guyenne qui fonde aussi la bastide d’Eymet cette même année. Il trace la nouvelle cité en forme de polygone assez régulier, lui accorde les privilèges dont jouissaient Bordeaux, Bergerac et Périgueux et la fit entourer d’un second mur d’enceinte isolé par des fossés flanqué de tours de distance en distance. Le village devient une juridiction royale qui comprend 10 paroisses attachées directement à la couronne du roi de France et géré par un corps de jurats représentant le conseil municipal d’aujourd’hui.

En 1327, le village est sous domination anglaise est bénéficie d’une charte accordée par Edouard III d’Angleterre. En 1377, eut lieu près d’Eymet dans la plaine du Dropt et sur le chemin de La Sauvetat une célèbre bataille dite du « Champ d’Eymet ». Les Anglais sont défaits. La Sauvetat, Lauzun, Miramont et Duras ouvrent leurs portes aux Français.

Au début du XV° siècle, le pays est dans un état déplorable. Dans notre Agenais, les « Routiers », bandes de brigands anglais et français, terrorisent la contrée. Durant l’année 1433, un aventurier espagnol, Rodrigue de Villandrando, part d’Agen avec 4000 hommes, s’empare de Lauzun, St Barthélémy, La Sauvetat et quelques autres villes et châteaux qu’il dévaste.

Enfin, le 17 juillet 1453, la Bataille de Castillon sonne le glas de la domination anglaise. Le calme semble revenu. Mais en 1480, une gelée de 7 semaines bloque toutes les rivières et détruit les récoltes futures, blé et vignes. L’année suivante, un grand nombre d’habitants périront de faim. Le vide est tel qu’une immigration est nécessaire. Ce sera l’arrivée des « Gavaches » ou « Gens venus d’ailleurs ». En fait des gens venus des Charente sur ordre de Charles VII.

La paix paraît régner jusqu’en 1520 où débutent les guerres de religion et la « Réforme ». La Sauvetat est alors protestante jusqu’en 1603 où l’église est de nouveau bénie pour être consacrée au culte catholique et où St Germain devient le patron de la paroisse.
En 1569. Cette date gravée sur le pilier côté droit du choeur de l’église s’appliquerait aux voûtes de la nef, réparées ou reconstruite en ogive.

Pont Romain appelé au Moyen-Âge « Pont des pèlerins».

Les guides nous disent que La Sauvetat était au Moyen-Âge une ville étape pour les pèlerins venant de l’Est et se rendant à St Jacques de Compostelle. Ils étaient reçus dans l’église puis franchissaient le Dropt en empruntant notre célèbre « Pont Romain » dit à cette époque « Pont des pèlerins ». La croix se trouvant sur ce pont leur servait de repère pour la direction à suivre.

On peut voir sur cette carte les fortifications, la tour de défense et le pont qui enjambe le Dropt.

En 1586, Messieurs de Mayenne et Matignon décidèrent de faire démanteler les murailles de la première enceinte de la ville. Les dalles de pierre furent jetées dans les vastes fossés qui entouraient la ville et qui furent comblés par la suite. La Sauvetat, chef lieu de juridiction royale dont dépendaient 11 paroisses était promise à un brillant avenir. Comme le montre cette carte de 1625 du diocèse de Sarlat, notre village de La Sauvetat – ici annoté LaSaluetat – était aussi important que la ville d’Eymet – autrefois nommée Aymet – et que la ville de Lauzun.

C’est an l’an 1637 qu’eut lieu l’évènement le plus important dont La Sauvetat du Dropt alors Sauvetat de Caumont ait été le théatre. En 1637, émeute en Périgord, où le peuple écrasé de contributions se révolte. Les Croquants, au nombre de 2000 environ, s’attroupent à Bergerac, prennent les armes et se donnent des chefs. Le Duc de La Valette envoyé par le Roi arrive du Pays Basque avec trois mille hommes. Les croquants se réfugient à l’abri des murailles de La Sauvetat sous la conduite du Seigneur de Madaillan. Le combat s’engage. Le Duc de La Valette et ses hommes mettent fin à la révolte le 1er juin et perdent 600 hommes. Les troupes envahissent la ville et la brûle entièrement, en respectant l’église. Plus de 1600 Croquants sont tués. Notre ville médiévale venait de disparaître à tout jamais. C’est de cette époque que date sa décroissance.


De la Révolution française à nos jours

Au début de la Révolution, La Sauvetat de Caumont, devenue La Sauvetat du Dropt était tout de même encore chef-lieu de canton de 1790 à 1801 pour 6 communes au lieu des 11 paroisses sous l’ancien régime.

  • 1830 : Démolition de la Porte de Duras, fortifications côté Ouest de la ville. Les pierres furent utilisés pour réparer la grange du presbytère.
  • 1842 : Demande d’établissement d’un bureau de poste à La Sauvetat.
  • 1886 : Gare de La Sauvetat. Début de fonctionnement le lundi 15 novembre à raison de 3 trains par jour et pour chaque direction : Bergerac, Bordeaux et Marmande.
  • 1903 : Inauguration de l’éclairage public à La Sauvetat, complété en 1913.
  • 1908 : Construction d’un hangar dans l’angle du vieux cimetière derrière l’église pour y garer le corbillard.
  • 1910 : Installation du téléphone.
  • 1923 : Proposition d’installation de la lumière électrique à l’École-Mairie.
  • 1927 : Première « Cavalcade de Chars Fleuris » le premier dimanche du mois de Mai.
  • 1953 : Arrêt de la circulation des trains sur cette ligne et démolition de la voie. Le trafic ferroviaire aura duré 67 ans.
  • 1958 : Dernier Comice Agricole à La Sauvetat.
  • 1958 : Ouverture du groupe scolaire. En 1959, l’école comptait 108 élèves.
  • 1964 : Construction de la nouvelle Poste, côté Est de la ville (Place du Château).
  • 1973 : Création d’un lotissement communal « Au Plantié » situé au Nord de la ville.
  • 2010 : Le village accueille plusieurs familles de « Gavaches » et décide de les rencontrer lors d’une soirée intitulée « La Sauvetat du Dropt sans frontière »


Références

  • Livre écrit par M. Jean Guillerm en 1990, ancien conseillé municipal, retraité.
  • Croquis de M. Jacques Moreau, architecte, décédé en 2010.
  • Livre de M. Antoine Aloy paru en 1880, ancien maire de La Sauvetat de 1878 à 1912.
  • Livre de M. Charbonneau, géomètre à Allemans du Dropt dans les années 1940.
  • Condensé de M. Marcel Viart, président du Syndicat d’Initiative en 1988
  • Livre de M. Georges Boulin, édité en 2009
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