4. Le Temple et ancienne Rue des Faures

Le culte Protestant au XVIIe

Le Temple est ce bâtiment carré et imposant qui se trouve à l’angle de la place du même nom. Si nous ne trouvons aucune trace de son existence dans les écrits retrouvés, nous supposons qu’il a été construit peu après 1603, date à laquelle l’église actuelle est à nouveau consacrée au culte catholique alors qu’elle était protestante durant les guerres de religion.

Jean Claude, célèbre pasteur et orateur né à La Sauvetat du Dropt

Nous connaissons, par contre, le nom d’un des pasteurs du Temple de notre village, François Claude, ayant exercé en 1619 et 1620. Ce pasteur est le père de Jean Claude, pasteur à son tour et illustre contemporain de Bossuet. Il est né à La Sauvetat du Dropt en 1619.

Dans un ouvrage ayant pour titre « Chronique des églises réformées de l’Agenais », M. Alphonse Lagarde, de Tonneins, consacre à Jean Claude la notice élogieuse suivante que nous sommes heureux de pouvoir reproduire en partie:

« En l’an 1619 naquit dans la petite ville de La Sauvetat du Dropt, l’un des hommes qui ont le plus illustré l’église protestante, Jean Claude…. Nos églises, notre pays peuvent revendiquer l’honneur de le compter au nombre de leurs plus grands hommes. Il fut successivement pasteur à Montauban et Nîmes. Il se fit remarquer aussi comme orateur… Forcé de prendre le chemin de l’exil comme tant d’autres de ses collègues en 1685 lors de la révocation de l’Édit de Nantes, Jean Claude passa en Hollande où ses talents de prédicateur se développèrent d’une manière remarquable. Il prêcha son dernier sermon à La Haye le jour de Noël 1686. Il eut parmi ses auditeurs la princesse d’Orange, qui lui exprima combien elle avait été touchée de ses exhortations. Le même jour, Jean Claude tomba malade pour ne plus se relever. Il mourut le 11 janvier 1687. »

Jean Claude est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment une Histoire de la Persécution des Protestants sous Louis XIV (publiée seulement en 1858).

La Rue du Temple, autrefois Rue des Faures

Quant à la Rue du Temple, elle s’appelait autrefois Rue des Faures du nom des forgerons qui y officiaient. Il faut s’imaginer une rue pleine du bruit des marteaux sur les enclumes.

Le faure au temps des guerres

Au Moyen-Âge, le faure était chargé de la fabrication des armes de guerre. A cette époque, les guerres sont légions. Dans les différents écrits à notre disposition, nous retrouvons régulièrement la trace du passage de soldats ou compagnies de dragons. Nos contrées étaient alors ruinées car il était demandé de les loger et de les nourrir, autant les hommes que les chevaux. Ces nombreux passages de troupes constituaient pour les habitants une charge considérable dont ils ne cessaient de se plaindre. C’est en 1649, dans les premières années du règne de Louis XIV, sous la régence d’Anne d’Autriche et le ministère du Cardinal de Mazarin que les consuls et communauté de La Sauvetat – comprenez, le maire et son conseil – adressèrent au roi des remontrances quant « aux étapes et subsistances pour les gens de guerre« . Les magistrats de la commune demandaient à ne pas payer la taille et autres impôts ou à ne les payer qu’après déductions faîtes des frais occasionnés par l’hébergement des gens de guerre « car autrement, la communauté de La Sauvetat est ruynée« !

Au Moyen Âge en France, la taille seigneuriale est la taxe versée par le paysan en échange de la protection que lui fournit le seigneur. Lorsque cette protection seigneuriale disparaît avec le remplacement de la protection seigneuriale par l’armée royale, la taille continua d’être perçue.

Elle devînt la taille royale perçue au profit du roi. C’est un des plus importants impôts de l’Ancien Régime en France. Elle a été créée en 1439 pour financer l’armée française engagée dans la guerre de Cent Ans. Elle était censée compenser le service militaire que ne faisaient pas à l’époque la plus grande partie des habitants.
Les nobles dont le métier était de faire la guerre et le clergé catholique dont la fonction interdit de faire la guerre et qui prie pour le succès des armées en étaient exemptés. Parmi les roturiers il y avait également de nombreux exemptés : bourgeois des villes ou habitants des provinces dont le roi voulait récompenser le « bon comportement », mais aussi les fonctionnaires qui étaient les officiers collecteurs d’impôts.

Le faure devenu forgeron au XIXe siècle

Plus tard, le forgeron travaille de concert avec le charron pour forger les cercles de roues de charrette. Dans les villages, c’était l’occasion d’une réunion de main-d’œuvre pour cercler plusieurs roues dans la journée. La jante en fer avait été fabriquée avec une circonférence inférieure de deux ou trois centimètres à celle de la roue en bois. La dilatation permettait de placer cette jante et de la serrer par refroidissement autour de la roue.

Si le métier est devenu obsolète au cours des années 1950 avec la généralisation de l’automobile et la mécanisation agricole, les charrons/forgerons qui n’ont pas abandonné leurs ateliers, sont devenus des bons réparateurs de machines et de matériels agricoles. Nous sommes nombreux à nous rappeler de la forge de Monsieur Sure dont l’atelier donnait à la fois Avenue de Grammont et Rue du Temple. Cet atelier était le lieu de rendez-vous de bons nombres de retraités sauvetatois.

→ Point 5 → Empruntez l’actuelle Rue du Temple jusqu’à l’imposante Maison de la Tour et Monviel

RAPPEL DES DIFFÉRENTS POINTS DE VISITE

1. Le village aujourd’hui
2. Le village au fil des siècles
3. Hospice et maisons à pans de bois
4. Le Temple et ancienne Rue des Faures
5. Maison de la Tour et Monviel
6. Vestiges du mur d’enceinte, ancienne Porte de Duras
7. Révolte des Croquants
8. Place du Prieuré, origine du village
9. Église St Germain
10. Maison renaissance et écusson
11. Moulin et crues mémorables
12. Pont Roman et Navigation sur le Dropt 

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