9. Église St Germain

Église St Germain

Histoire de l’Église
Autres églises de la paroisse / Mystère des Cloches de Boissec
Dimension et description
Observation
Les chapelles, vitraux, statues et plaques
Références


Histoire de l’Église

La construction de l’Église St Germain remonterait aux premiers siècles du christianisme comme le prouve le chœur entièrement de style roman. En restaurant ce chœur au XIXème siècle, on y a découvert, incrusté dans les murs à droite et à gauche de l’autel, sous les premières fenêtres, deux « ciborium ». On sait que chez les premiers chrétiens, les « ciborium » étaient de petits ouvrages en bois destinés à recevoir les saintes espèces pour les soustraire à la profanation des païens.

Cette église était anciennement l’église des religieux de l’Ordre de St Benoît et servait de chapelle au prieuré sis sur la place du même nom. Elle dépendait du diocèse de Sarlat et s’appelait alors Notre-Dame.

Le curé Lavigne, qui accomplit de grands travaux à son église, écrivait en 1876: « L’Église St Germain possède un chœur de style roman datant du XIIème siècle. La nef et les chapelles furent construites entre le XIVème et le XVème siècle. Elle est toute voûtée, à trois nefs. Il n’y a pas de porte principale mais deux portes latérales, une maison voisine ayant dans le temps, empiété sur ses murs… »

C’est lui qui, pendant les travaux, en 1875, trouva une inscription écrite en latin et gravée dans le mur, du côté de l’évangile, près du maître autel « Pridié nonas Jula, fuit magna tempesta in villa anno domini – Millesima CCXLII ». Traduction: « Le 12 juillet 1242, un grand cyclone s’abattit sur cette ville ». Elle fut ensuite reconstruite. Le chœur roman fut conservé. Les religieux et les habitants rebâtirent les trois nefs que l’on voit aujourd’hui en style ogival.

En 1520 débutent les guerres de religion. L’église de La Sauvetat est alors protestante jusqu’en 1605 où elle est de nouveau bénie pour être consacrée au culte catholique et où St Germain devient le patron de la paroisse. St Germain du nom de l’église matrice (la plus importante) située au lieu-dit du même nom sur les hauteurs du village et détruite lors des guerres de religion.

Autres églises de la paroisse / Mystère des Cloches de Boissec

En 1562, époque des guerres de religion, les églises de Boissec et de St Germain furent partiellement détruites par les protestants de La Sauvetat. A cette époque, notre église (celle de la ville) appelée Notre Dame de La Sauvetat, fut également bien endommagée mais reconstruite en peu de temps en Temple protestant. C’est l’Evêque Nicolas de Villard qui la rebénit en 1606 et lui donna le nom de St Germain.

En 1680, « le Verbal de Mascaron » (procès verbal de Monseigneur Mascaron) apporte quelques renseignements quant à l’état de dégradation des deux autres églises de la paroisse. Il écrit:

 » La paroisse n’était pas anciennement dans cette église (celle de la ville). Il y avait autrefois deux églises hors la ville, dont l’une s’appelait St Germain de La Sauvetat et l’autre St Etienne de Boisset. Ces deux églises furent entièrement ruinées par les hérétiques, au temps de leur première révolte contre l’église et le Roi.
La première, St Germain, était la matrice (la plus importante de la paroisse). En 1680, le toit est entièrement à terre, les murailles sont toutes crevassées. La moitié de la voûte du chœur est ouverte. Il y a pourtant encore un autel de pierre dressé.
La seconde, St Etienne de Boisset est l’annexe. En 1680, il n’y a plus de toit, les murailles sont d’un côté toute renversées, la voûte du chœur tient encore. Il y paraît un autel à moitié rompu.

Ces bâtiments étant ruinés et profanés, nos prédécesseurs ont trouvé bon qu’on n’y dise point la messe. »

Mystère des Cloches de Boissec (Eglise St Etienne de Boisset)

En 1793, la Convention décida de réquisitionner toutes les cloches pour ses fonderies d’armement. Celles de Boissec (ou St Etienne de Boisset) disparurent mystérieusement au cours d’une nuit, les paroissiens, pour les protéger, les avaient jetées dans un gouffre du Dropt, aux « Bacônes ». Les révolutionnaires découvrirent la cache, mais il fut impossible de les récupérer, les câbles se rompant à chaque tentative. Pour punir les fugitifs, l’église de Boissec fut détruite. Les matériaux provenant de l’église de Boissec servirent à réparer les passages les plus mauvais du chemin de Marmande, aux lieux de Bicasse et de Dourdène. Mais le mystère des cloches reste entier de nos jours.

Destruction de l’Eglise St Germain

En décembre 1804, les restes de l’Eglise St Germain, qui tombait en ruines depuis longtemps, furent entièrement démolis par les ordres du Conseil Municipal. Les pierres de l’église St Germain, où l’on ne voit aujourd’hui qu’un tertre envahit de ronce face au puits gavache sis près d’un chemin communal, furent également destinées à réparer les chemins du voisinage.

Dimensions et description

Située au centre du village en bordure de la rue principale, l’Église St Germain est dominée par un clocher-tour de 29m de hauteur. Il possédait, lors de son inauguration en 1900, quatre clochetons qui furent arrachés par une violente tempête en 1917.
Il est équipé de 3 cloches. La plus grosse, 817kgs, a pour nom Marie-Joseph, du nom de ses parrains. La seconde, 412 kgs, dite du Sacré-Cœur. Quant à la troisième, de 235 kgs, elle est dénommée St Germain.

Deux portes latérales similaires permettent de pénétrer dans cette église. Datés du XVIème siècle, le portail côté rue, ouvert au nord est divisé par un trumeau. L’autre donne côté place où se trouvait à l’origine le cimetière.
La nef centrale surprend par sa longueur, près de 40m, et sa hauteur, 10m. Cette église est l’une des plus grandes du département.

Elle est de style gothique pour la partie principale. Le chœur est de style roman. Une inscription, 1569, gravée sur le pilier d’entrée du chœur, permet de préciser la date d’une de ses restaurations.

Observation

Sur le mur de droite en entrant, un Christ en croix. Au centre de la première travée, un bénitier. Sur le premier pilier à droite, les trois bourdons des pèlerins de Compostelle, confirmant que notre village se situait bien sur le Chemin de St Jacques et que les pèlerins passaient par l’église avant de reprendre leur route par le pont roman.

Sur une colonne, à gauche, une chaire toute simple mais imposante.

Juste avant le chœur, une clé de voûte sculptée en un écu portant trois fleurs de lys, armoiries du diocèse de Sarlat, montre sa première appartenance. En 1153, prieuré et paroisse sont en effet rattachés à l’abbaye de Sarlat.

Le chœur est de style roman. Situé au levant, il est éclairé par un vitrail représentant trois étapes de la vie du Christ. Sa naissance, son baptême et sa crucifixion. Ce vitrail a été réalisé par un artiste bordelais en 1874. Le maître autel a été déplacé et permet les célébrations face au peuple.

Les colonnes supportant les arcs sont terminées par des chapiteaux très simples. La hauteur et la régularité des voûtes, le dégagement qui en résulte, donnent à ce chœur une certaine majesté.

Six beaux arceaux en pierre de taille séparent la nef des bas-côtés. Chacun de ceux-ci comprend trois chapelles, chacune éclairée par un vitrail en trois parties, l’ensemble représentant une scène bien définie.

Les chapelles, vitraux, statues et plaques

Ainsi sur le bas-côté droit, la première chapelle, dédiée à la Ste Vierge, est éclairée par un vitrail montrant l’Assomption de N.D. Ce vitrail est l’œuvre du même artiste bordelais qui a réalisé le vitrail du chœur. Au dessous, une statue de St Germain.

La deuxième chapelle est dédiée au Sacré-Cœur. Le vitrail représente la Cène. Deux statues: St Antoine et Notre-Dame de Lourdes.

La troisième et dernière chapelle avec une statue de Ste Jeanne d’Arc sur son autel comporte aussi la statue du St Curé d’Ars (patron de tous les prêtres). Son vitrail représente St Germain priant l’empereur romain Valentinien III et sa mère Placidie de bien vouloir gracier les bretons révoltés contre le chef gallo-romain Syagrius (Vème siècle).

Sur la paroi du fond, une plaque avec les noms des enfants de La Sauvetat qui ont donné leur vie lors du conflit 1914/1918. Au dessous, une seconde plaque fait mémoire du lieutenant-colonel Jean-Pierre Bissey, tombé au champ d’honneur le 5 août 1933 dans le Rif marocain.

Maintenant le bas-côté gauche que nous prenons en sens inverse.

La première chapelle contient les fonts baptismaux. Son vitrail représente Saint Germain consacrant Ste Geneviève à Dieu.

Dans la deuxième chapelle dédiée à St Joseph, la statue de St François d’Assise nous accueille. Son vitrail représente la mort de St Joseph.

Enfin la chapelle près du chœur. Son autel est surmonté du tabernacle de l’autel central qui a trouvé là une place de choix. Au dessus dans une niche, une Pieta: la Vierge Marie qui reçoit le Corps du Christ descendu de la Croix. Le vitrail représente la résurrection de Lazare.

Tous ces vitraux sont l’œuvre d’Henri Feur, artiste bordelais. Ils ont été commandés par le Curé Lavigne en 1885 lors de l’ouverture de 3 fenêtres côté nord. Le style d’Henri Feur se distingue par l’emploi du fond bleu uni ou paysager et la multiplication de détails dans les visages et les habits.

RAPPEL DES DIFFÉRENTS POINTS DE VISITE

1. Le village aujourd’hui
2. Le village au fil des siècles
3. Hospice et maisons à pans de bois
4. Le Temple et ancienne Rue des Faures
5. Maison de la Tour et Monviel
6. Vestiges du mur d’enceinte, ancienne Porte de Duras
7. Révolte des Croquants
8. Place du Prieuré, origine du village
9. Église St Germain
10. Maison renaissance et écusson
11. Moulin et crues mémorables
12. Pont Roman et Navigation sur le Dropt 

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