Randonnée du Patrimoine: balade musicale et historique

Photos de Francis Secco que vous retrouverez sur son site Piwigo et photos en copyright du photographe Robert Munoz, généreusement offertes. Merci à tous deux.

Sur une initiative de la Communauté des Communes du Pays de Lauzun et organisée généralement le vendredi précédent les Journées Européennes du Patrimoine, la Randonnée du Patrimoine existe depuis maintenant 11 ans.

C’est La Sauvetat du Dropt qui accueillait cette année plus de 200 marcheurs pour une balade de 4kms au son d’un orgue de barbarie, avec 5 arrêts historiques dans le village, un spectacle de feu puis pour terminer, un buffet.

L’accueil était fait dans l’Église St Germain où les discours de bienvenue furent prononcés tour à tour par Jean-Luc Gardeau, maire du village, Luc Macouin, président de la Communauté des Communes, Noël de Nardi, président de la commission culture et la responsable de la sécurité de l’association des Chemins de Guyenne. La parole fut ensuite donnée au guide invité à faire découvrir l’histoire du village à travers le patrimoine, Stéphane Dusseau, guide de la ville d’Eymet venu en voisin et ami puisque comme il le dit, l’histoire de ces deux communes fut bien souvent liée.

Fondation du village et détails sur l’église: L’assemblée apprenait que La Sauvetat du Dropt voyait le jour dès le VI° siècle par l’installation de Prieurs qui fondèrent un Prieuré puis plus tard, certainement vers le X° siècle une église qui conserve son chœur Roman d’origine. En 1139, cette église est mentionnée parmi les possessions de l’abbaye de Sarlat. Elle fut Protestante de 1520 à 1603 où elle redevînt catholique et fut baptisée de son nom actuel de St Germain, en souvenir de l’église St Germain dîtes matrice – la plus importante – située sur les hauteurs du village et détruite par les Huguenots durant les guerres de religion. Le clocher actuel fut reconstruit en 1898 en utilisant les pierres de l’ancien clocher pignon. La porte fut latérale en raison de la promiscuité des maisons voisines. A cette époque, 4 clochetons ornaient le clocher. Ils furent emportés par une forte tempête en 1917.

Le groupe se dirigeait ensuite vers le Dropt en longeant les stades de foot puis par un sentier jouxtant maïs et peupliers pour arriver au lieu-dit les Bacônes éclairé par des kayakistes portant flambeaux. Perché sur une ancienne charrette et en tenue de prieur les attendait le guide, pour leur raconter la légende des Cloches de Boissec. Il fut annoncé par le garde champêtre dans un roulement de tambour.

Légende des cloches de Boissec: C’est en 1793 que la Convention décide de réquisitionner toutes les cloches pour ses fonderies d’armement. 3 paysans décident alors de sauver les cloches de l’Église St Étienne de Boissec et les descendent pour les porter sur une charrette dans un gouffre du Dropt, aux Bacônes.  Les révolutionnaires découvrirent la cache et tentèrent de les récupérer à l’aide de câbles tirés par des bœufs. Mais il leur fut impossible de les remonter les câbles se rompant à chaque tentative. Pour punir les fautifs, l’église de Boissec fut détruite et le mystère des cloches reste entier. On put d’ailleurs les entendre sonner avant de reprendre la marche.

L’étape suivante longeait de nouveau le Dropt pour un arrêt devant le Prieuré ou enfin, son emplacement dès le VI° siècle. Devant la porte de ce beau pigeonnier, ils purent écouter l’orgue de barbarie de Yull le Renouillous avant de traverser la rue de Grammont – où naquit en 1796 Jacques Delmas de Grammont à l’origine de la loi protectrice des animaux – et de se retrouver dans un jardin au cœur du village leur permettant d’admirer et d’entendre l’histoire de la Tour de Monviel dîte aussi Tour des Templiers superbement éclairée pour l’occasion.

Le parcours se poursuivait sur les hauteurs empruntant un chemin tout juste ouvert où il fallut monter un par un aidés par des passeurs pour redescendre vers le Dropt en cheminant sous le pont actuel construit en 1853 pour arriver sur la place de la poste devant le Pont Roman dit à tort Romain là encore mis en valeur par un jeu de projecteurs.

Sur cette place fut proposé un spectacle de feu par la compagnie « Les clowns dans la sciure« . Évoluèrent à tour de rôle un couple jonglant avec des objets enflammés sur fond de musique classique, devant un cadre aux tons de bleu peint sur soie . Instant reposant et agréable autant à la vue qu’à l’ouïe, apprécié du groupe.

Le Pont Romain: Notre guide, maintenant en tenue militaire, reprenait la parole pour parler cette fois-ci des différents ponts de La Sauvetat. Un premier pont de style Roman à 11 arches datant du XII° siècle. Mais à cause de nombreuses crues, le cours de la rivière s’élargit et contraignit le Seigneur des lieux qui était alors le Seigneur de Caumont à construire un second pont de style Gothique celui-là et comptant 12 arches. En 1260, le Seigneur de Caumont ruiné, rend hommage à Alphonse de Poitiers qui lui assure la terre – ou fief – en échange de ses loyaux services. La Sauvetat de Caumont devient alors bastide en 1270, année où Alphonse de Poitiers fonde aussi la ville d’Eymet. Un profond fossé est creusé à partir du Dropt autour des murailles du village le protégeant de toutes invasions ennemies.

Après ce rapide historique, les marcheurs se dirigeaient vers le moulin en profitant de la vue sur le Pont Romain éclairé pour continuer vers la Prairie des Croquants. Dernier arrêt historique.

Révolte des Croquants de 1637: A cette époque, les croquants, gens du peuple écrasés de contributions, se révoltent. Au nombre de 2000 environ, ils s’attroupent à Bergerac, prennent les armes et se donnent des chefs. Le Duc de La Valette envoyé par le Roi arrive du Pays Basque avec trois mille hommes. Les croquants se réfugient à l’abri des murailles de La Sauvetat. Le combat s’engage. Le Duc de La Valette et ses hommes mettent fin à la révolte le 1er juin et perdent 600 hommes. Les troupes envahissent la ville et la brûle entièrement, en respectant l’église. Plus de 1600 Croquants sont tués. Notre ville médiévale venait de disparaître à tout jamais. C’est de cette époque que date sa décroissance.

C’est sur cette note quelque peu tragique que le parcours s’achevait et qu’un buffet était proposé dans la salle des sports. Le velouté aux potimarrons préparé par ces dames du Syndicat d’Initiative fut grandement apprécié.

Cette balade historique, où fut convié Stéphane Dusseau, ne sera certainement pas la dernière puisque l’histoire de notre village semble l’intéresser autant que celle d’Eymet. Des recherches sont en cours pour en savoir encore plus sur le riche passé de la commune et proposer d’autres sorties. Remercions la CCPL pour l’idée et la logistique, en particulier Nicolas Gris, animateur efficace et toujours disponible.

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