Quelque part, autour de La Sauvetat du Dropt, la St Luc dans la palombière

Vendredi 18 octobre, c’était la St Luc, jour du « Grand Truc » pour les paloumayres. Parce que l’automne, c’est la saison de la fièvre bleue. La période où les passionnés de chasse à la palombe prennent leurs congés pour passer 3 semaines perchés dans leur palombière. Cette cabane haute de 15m cachée dans les bois et camouflée accueille les paloumayres qui guettent les vols bleus.

Nous avons rencontré là-haut Alain et Frédéric pour partager un court moment de leur passion. Arrivées en catimini au pied de la cabane, nous n’osons appeler de peur de faire fuir un vol. Je monte doucement tandis que Nadine reste au bas de l’échelle avec une grande envie de me suivre mais néanmoins angoissée à l’idée de grimper et que Francine, qui a le vertige, décide de rester cacher dans la cabane au sol. J’arrive sur le premier palier, sous la trappe qui me permettrait d’être dans l’antre même de la palombière. Je frappe 3 petits coups brefs en espérant me faire entendre. Dans le même temps, je réalise que le silence s’est fait au dessus de ma tête et je vois s’agiter les ficelles qui font actionner les appeaux. Je retiens mon souffle et j’écoute. Je les entends qui chuchotent: « elles arrivent! ». Je me retourne tout doucement pour faire signe à Nadine toujours au pied de l’échelle, de se taire et de ne plus bouger. Et je pense: « Ouf, elle est habillée de couleurs sombres qui ne peuvent détourner les oiseaux bleus ». Et puis, c’est la salve. Je ne sais pas combien ils sont là-haut, mais les tirs n’en ont fait qu’un. J’entends un bruissement d’ailes dans les branches. Ils ont dû en toucher quelques-unes. Je peux finir de monter. Je suis excitée, pressée de les entendre raconter ce qui vient de se passer. J’ouvre la trappe et les trouve en grande conversation.

– « Maxime, va chercher les palombes tombées. »
– « Il y en a deux. »
– « Elles ne se sont pas toutes posées. »
– « Quelque chose a dû les déranger ».
Oups, là je pense aux filles restées dessous. Mais non, elles ont joué le jeu.

Dans cet espace, je trouve Alain, Frédéric, Maxime (20 ans) et un de ses copains. De vrais chasseurs qui passent leur journée l’œil rivé sur l’horizon dans l’attente des vols de palombes. Accueil chaleureux pour moi qui ne lâche pas mon appareil photo avec l’immense espoir de voir enfin un vol se poser. En attendant, on discute. Ils me montrent la cabane. Me présentent la vue magnifique depuis les ouvertures. La forêt dégagée tout autour avec quelques têtes de pins qui restent sur lesquelles ils ont posé des branches sèches afin d’offrir un perchoir aux oiseaux de passage. Ils me montrent les appeaux. Ces palombes apprivoisées retenues par un fin lacet à la patte et posées sur des raquettes. Pour faire de belles photos, ils actionnent les appeaux. Les palombes déséquilibrées tentent de prendre leur envol. C’est de cette façon qu’elles attirent l’œil des vols qui décident ou pas de les rejoindre sur leurs perchoirs.

En attendant, Maxime remonte. Accompagné de Nadine. Il a réussi à la convaincre. Elle est fière d’être arrivée tout là-haut. Elle regarde, elle observe. Elle se présente.
– « Mon grand-père habitait à La Sauvetat du Dropt. Vous le connaissiez? » Oui, Alain se rappelle. Alors, si elle est d’ici, on l’accepte! Ils lui expliquent leur passion. Le travail effectué ici une grande partie des week-ends de l’année pour préparer les quelques 4 semaines de chasse à la palombe. Les retrouvailles avec les copains. Les repas pris en commun. Parce que, ce n’est pas une simple cabane. Une fois s’être repu l’œil de la vue de la forêt, nous découvrons juste au dessous de leur observatoire, une cuisine entièrement aménagée. Rien ne manque. Gazinière, frigo, placard, les provisions, la table avec la nappe … Et sur le feu en train de mijoter, un civet de lièvre. Oui Madame! Un festin de roi les attendent pour le repas de midi. Ils reçoivent du monde aujourd’hui. C’est bien dommage, mais Francine nous attend 15m au dessous et nous ne dégusterons pas ce bon civet. Nous auraient-ils accepté? C’est moins sûr. C’est une affaire d’hommes ici. On le sent.
Nous remercions chaleureusement et redescendons. L’aventure était courte mais intense, même si le seul vol que nous ayons vu durant notre visite était trop loin pour espérer le détourner.

Nous repartons toutes les 3 en silence sur le chemin dans les bois non sans jeter un dernier regard à l’ensemble de la structure. Merci messieurs de nous avoir permis de partager votre passion même pour un si court moment. A bientôt, au village.

Les photos que vous n’oublierez pas de cliquer pour avoir un plus grand aperçu.

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