Du Puy en Velay à St Jacques, Martine Brosse raconte

DU PUY EN VELAY A ST JACQUES, MARTINE BROSSE RACONTE

diapo 3Martine Brosse, connue pour sillonner à pied les petits chemins de campagne depuis bientôt 7 ans qu’elle vit à La Sauvetat du Dropt, était invitée par le Comité des Fêtes à faire le récit de son pèlerinage du Puy en Velay à Santiago.Toujours disponible pour la commune ou les associations. A l’écoute des gens qu’elle croise. Volontaire et rigoureuse, ce sont des traits de caractère que l’on retrouve chez Martine, ancienne militaire, travaillant actuellement comme technicienne dans l’aviation civile à Mérignac.Cette aventurière qui part seule avec son sac sur le dos a su raconter en un peu plus d’une heure son périple sur les traces de St Jacques de Compostelle et tenir en haleine plus de soixante spectateurs dont certains ayant fait eux-mêmes ce pèlerinage et d’autres étant sur le point de partir.Un voyage effectué sur 4 ans pour 1660 km du Puy en Velay à Santiago en 62 jours de marche.

Parmi les 4 voies principales possibles en France, Martine choisit la Via Podensis qui démarre du Puy en Velay. C’est en juin 2009. Elle part avec une amie pour rejoindre Conques. Suivent alors toute une série de photos des villages traversés: Monistrol d’Allier, St Come d’Olt, Espalion, Estaing … de L’Aubrac et de ses paysages magnifiques, des troupeaux rencontrés. Bien que ces premiers jours de marche se fassent avec le vent et la pluie, on sent dans le récit tout le respect éprouvé sur cette terre de silence et de solitude.

A Conques, l’assistance découvre un village perché offrant de belles maisons en pierre ou à pans de bois. Ici, on leur apprend la présence des reliques de Ste Foy qui furent autrefois dérobées à Agen par des moines en quête de rayonnement spirituel pour leur abbaye.
En 2010, le trajet va de Conques à Montcabrier en passant par Rocamadour. Ce village n’est pas une étape du chemin mais à partir de 1152, un grand nombre de pèlerins faisaient un détour afin de s’incliner devant une mystérieuse Vierge noire.

En 2011, la première journée s’achève en Lot-et-Garonne par Tournon d’Agenais puis Penne d’Agenais, Pujols, Agen et son canal, Moirax et Lamontjoie. Et malgré les kilomètres parcourus, de 30 à 40 par jour, Martine prend des photos et admire ce qui l’entoure.

Elle enchaîne par le Gers avec La Romieu et sa collégiale du XIV° siècle, Condom et Eauze. Arrivée dans Les Landes où un joli panneau annonce le refuge par ses mots: « Bienvenue, gardez le moral »!

Viennent ensuite les Pyrénées Atlantiques où l’on découvre l’abbaye de La Sauvelade. C’est dans le Béarn. Elle est hébergé là dans un gîte privé nommé « L’alchimiste ». Ici, pas de tarif établi, chacun laisse ce qu’il veut à son départ. On appelle cela le « donativo ».

Dernière étape avant l’Espagne, St Jean Pied de Port. Ville sur la Nive et rendez-vous de nombreux pèlerins de toutes nationalités. Elle explique que beaucoup ont un décalage horaire à gérer alors que l’étape qui les attend est de 27 km dont 21 km de montée!

En 2012, l’Espagne. Les paysages sont là encore splendides. La nature est reine. On aperçoit le chemin à perte de vue. Les villages se font rares. Les hébergements sont des dortoirs où il vaut mieux avoir avec soi des boules Kies pour ne pas être gêné par les ronfleurs! Les étapes sont Puente La Reina et son pont construit justement au Moyen-Âge à l’attention des pèlerins. Estella et son église forteresse.

A chaque étape, il faut faire tamponner sa crédentiale. C’est un passeport pour le jacquaire. Il permet d’être reconnu comme étant un pèlerin vers Santiago mais aussi d’accéder aux gîtes ou albergues (Espagne) pour faire étape.

Autres villes et villages, Sahagun, Leon et son incroyable architecture, Astorga, la ville de Gaudi, Foncebadon, petit village délabré avec néanmoins un bar et un refuge dans l’ancienne église. Puis, arrivée à la Cruz de Ferro, monument très simple mais très emblématique du Camino. Il s’agit d’une croix en fer rongée par la rouille juchée sur un mât de 5 mètres de haut. A ses pieds, un imposant tas de cailloux déposés depuis des siècles par les marcheurs.

Puis Melide et sa cathédrale. Et enfin, le Monte del Gozo. Là, c’est presque Santiago, plus que 5 kilomètres, on peut apercevoir les flèches de la cathédrale de Compostelle. A cet endroit, des millions de pèlerins ont posé leur sac pour regarder la ville avec parfois les yeux embués de larmes … de joie! Montjoie, Montjoie criaient ceux qui parlaient français. D’où son nom Monte del Gozo, mont de la joie.

Enfin, arrivée à Santiago par la Porte do Camino. On pourrait penser que le but est atteint mais Martine Brosse dit que finalement les pèlerins sont tristes parce que c’est la fin d’une belle aventure. Elle conclue par ces mots:

« Ce chemin n’est pas un chemin ordinaire. Il est initiatique, révélateur et magique. Nombreux sont ceux qui repartent. Il ne laisse pas intact, apporte des souffrances mais aussi de grandes joies, soulève de grandes remises en questions mais nous invite tous les jours à avancer, à faire corps avec la nature et à se surpasser.

J’espère que ce petit reportage donnera envie à quelques uns de partir et pour ceux et celles qui sont sur le point de prendre leur sac à dos, les conforter dans leur entreprise.

Ce n’est qu’un bref aperçu et c’est « mon chemin ». Le vôtre sera différent. Laissez-vous emporter, vous irez jusqu’au bout! »

Vient le moment de la discussion. Plusieurs personnes dans la salle ont vécu la même expérience. Jean Chilou se lève et rejoint Martine Brosse pour dire qu’en effet, le chemin est un moment important de la vie qui laisse des traces. D’autres jacquaires approuvent et deux dames, qui préparent leur départ pour la Pentecôte, diront en partant qu’elle sont vraiment confortées dans leur décision.

La soirée se termine par un pot de l’amitié autour duquel se poursuivent les échanges. Une belle soirée qu’il faudra renouveler.

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